EX(S)ISTERE
Une ode au végétal sauvage
les Conservatoires botaniques nationaux
le projet
l'artiste
un CBN, une espèce
Découvrez les 14 espèces sélectionnées sur le territoire français
Difficile de faire un choix ? Cliquez et laissez vous guider !
Les poèmes n’ont pas pour vocation d’illustrer la plante. Chaque poème est une ode à la plante par celui qui en parle.
Amandine POLET
"Artiviste"
Se définissant comme une “artiviste”,
Amandine Polet a mené de nombreux
projets mêlant l’art, la poésie et
l’environnement, tout en associant une
grande diversité de publics, comme
“Le parlement de la forêt” (autour des
droits de la forêt qui a permis de faire
germer l’association Chailluz et le projet
Forêt vivante, soutenus par l’OFB) ou
encore le projet “Liste Rouge” (autour
des insectes menacés).
Diplômée de l’École Nationale
Supérieure des Arts Appliqués et
des Métiers d’Art Olivier de Serres à
Paris, le travail artistique d’Amandine
Polet répond à des enjeux sociétaux
et environnementaux actuels. Depuis
toujours, la nature est une source
d’inspiration pour les artistes. Dans
cette ère de l’anthropocène, l’artiste
souhaite s’engager à la fois par les
actes et par son geste artistique :
l’Art Environnemental et l’Artivisme
sont des supports privilégiés pour
sensibiliser aux changements
climatiques et autres enjeux
environnementaux. Elle envisage
ses travaux comme une tentative de
renouer avec le sensible et comme une
manière de réinventer notre relation à
la «nature» afin de mieux la protéger.
Montrer et faire entendre l’invisible
essentiel, le banal précieux et les
formes d’amour qu’il est possible de
développer avec les êtres vivants.
Explorer nos liens, souligner les
connexions inter-espèces pour
traduire avec finesse et délicatesse
l’effondrement en cours...
Installation, illustration, poésie,
photographie, projets vivants
transversaux à la manière de
laboratoires de pensée qui réunissent
des acteurs de l’art, des sciences
humaines et sociales, des sciences de
l’écologie, etc. constituent ainsi son
travail protéiforme et pluridisciplinaire
qui questionne notre rapport au vivant
et révèle sa fragilité.
Son geste artistique s’invente et
résonne avec son parcours de militante
de terrain, au quotidien.
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REINE DES ALPES
Eryngium alpinum
La Reine des Alpes est une plante emblématique… des Alpes. C’est d’ailleurs le seul territoire au monde où on peut observer cette cousine de la carotte dont la tige dressée atteint 60 cm. Car non, cette endémique n’est pas un chardon malgré son surnom de “chardon bleu”. Ses fleurs verdâtres virent au bleu à mesure de l’avancée de la floraison, donnant au paysage une dimension quasi aquatique lorsque la population est importante comme dans la réserve biologique du vallon du Fournel dans les Hautes-Alpes. L’espèce s’y est installée en opportuniste, profitant de trouées dans la forêt, dégagées par du pâturage ou de la fauche.
En effet la Reine des Alpes apprécie les milieux ouverts comme les couloirs d’avalanche et les sols frais et profonds des mégaphorbiaies et mélézins clairs, et certaines prairies de fauche. Mais attention à ne pas faucher ou faire pâturer trop tôt car ses graines ont besoin de temps pour mûrir. Des mesures agri-environnementales, sont alors nécessaires pour préserver cette espèce protégée aux niveaux national et européen. Cette reine bleue qui garde sa couleur lorsqu’elle sèche est également une proie pour les bouquets séchés et les herbiers. Deux chercheuses ont particulièrement contribué à la connaissance de cette espèce : Irène Till-Bottraud et Myriam Gaudeul. Merci à elles pour ce travail de longue haleine de suivi de plus de 3 000 individus pendant plus de 20 ans !
Ecouter le poème
« Ma mère m’a dit que petit, je voulais être horticulteur. » Au loin On voit Une montagne« Je ne saurais dire exactement ce qui m a amené à ça. »À cet endroit Il y a une plante Avec un marais« Je suis là où j’ai envie d’être. »ERYNGIUM ALPINUMElle ne se voit pasJe sais qu’elle est là« Je connais la montagne, parce que la Reine des Alpes y pousse. »Reculée du mondeDans le creux des Couloirs d’avalanches « S’intéresser aux plantes, c’est mettre le doigt dans un engrenage. » Mer bleue Vallon du FournelL’Argentière-la-Bessée« Quel que soit le sujet, si celui qui transmet est passionné, l’autre sera nécessairement intéressé. » Menacée Endémique de l’Arc Alpin Menacée « Nos Alpes s’assèchent. » La vue Ne permet en rienDe vraiment la voir « Ce que j’observe est grave. Si on attend, l’espèce disparaîtra. »Il faut la sentir Entre ses doigtsCaresser « Au-delà de l'attachement, ce qu'il faut éveiller, c'est ce lien vivant qui nous fait nous sentir concerné. »Le Chardon bleuDoux Comme une plume de carotte« Encordés, nous montions au refuge du couvercle, dans le massif du Mont Blanc. Je grimpe à l’échelle, et je la vois, pour la première fois, ici, dans la mer de glace. La Saxifrage cotylédon. »
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SALICORNE D'EUROPE
Salicornia europea europea
La Salicorne d’Europe est une espèce annuelle emblématique des vasières du littoral, que l’on rencontre depuis les étendues de vases recouvertes chaque jour par la mer (haute slikke) jusqu’aux prés-salés inondés lors des fortes marées (bas schorre). Elle est particulièrement répandue dans le fond des grandes baies normandes, telles que la Baie du Mont Saint-Michel ou la Baie des Veys, ainsi que dans plusieurs estuaires, notamment ceux de la Seine, de l’Orne, de la Dives et dans les havres du Cotentin. Cette plante comestible, dont la récolte possède une longue histoire, fait aujourd’hui l’objet de pratiques réglementées afin de préserver ses populations et les écosystèmes fragiles qu’elle fréquente.
La Salicorne est une plante dite halophyte, c’est-à-dire qu’elle est parfaitement adaptée aux sols salés, des environnements où peu d’autres espèces végétales parviennent à survivre. Sa résistance au sel et sa richesse en minéraux, notamment en potassium, en ont fait une ressource autrefois précieuse. Elle servait à la fabrication de la potasse caustique, un produit fortement alcalin utilisé dans divers procédés industriels et chimiques. Le terme « potasse » lui-même trouve son origine dans l’arabe al-qalyah, signifiant « cendre de salicorne », rappelant l’usage historique de cette plante dans la production de cendres riches en alcalins.
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« Plus qu’un attachement, c’est une addiction aux plantes. » Nord atlantique Manche Mer du Nord« Petit, j’étais fasciné par les fleurs. » Vert bleuté Cylindrique Écailles en épi « Je me souviens l’herbier de plus de quarante familles avec notre professeur de bio. »Microscopiques Fleurs jaunes Succulente Voie lactéeInfusorienne « Une sensation de liberté où le temps file. »La mini-mangrove Évite l’érosion Héberge les crustacés « Nous plonger dans les flores et les clés de détermination. La rigueur botanique. »Deux mains Par jourPar personne« Bertille s’était lancée dans la culture d’orchidées. Au bout de deux mois, des bébés Liparis virent le jour. »Estuaire EndiguéMarée Contrainte SALICORNIA EUROPAEA Régresse « Je les aime toutes : la Violette de Rouen, l’Étoile d’eau, les droseras. »Revoir l’ObioneReconquérir des prés salésReconnecter les espaces« J’ai vécu dix ans en Afrique, j’y ai aussi des plantes de cœur. »Laisser la mer S’insinuer Lécher l’estran Remplir le schorre« Je sentis sa petite main potelée se refermer sur le rameau que je lui tendais derrière moi. Touche, sens, murmurais-je. Dans le porte-bébé, pendant que je foulais la montagne, mon enfant s’exécutait avec émerveillement. »
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COURBARIL
Hymenaea courbaril
Arbre majestueux et emblématique de notre territoire, le Courbaril incarne la force et la mémoire des forêts tropicales sèches de la Martinique. Son tronc massif, son feuillage dense et son écorce brun rougeâtre, d’où s’écoule une résine ambrée autrefois prisée comme encens ou vernis naturel, en font une espèce aussi utile que symbolique.Son bois, classé parmi les semi-précieux, est très recherché en ébénisterie pour sa robustesse et sa beauté veinée. Ses propriétés médicinales, connues depuis des siècles, continuent d’être valorisées dans la pharmacopée traditionnelle. Et depuis peu, certaines traditions culinaires refont surface : la chair jaune farineuse de ses gousses permet d’obtenir une farine nourrissante, utilisée pour préparer jus, gâteaux ou desserts aux saveurs d’antan.
Mais derrière cette richesse d’usages se cache une fragilité grandissante. Le Courbaril est aujourd’hui menacé d’extinction selon l’UICN. La déforestation, la raréfaction des forêts sèches et la surexploitation du bois fragilisent ses populations naturelles. Face à ce constat, le Conservatoire botanique national de Martinique s’engage pour la connaissance, la sauvegarde et la valorisation de cette espèce remarquable. Études de terrain, collecte de semences, culture en serre et actions de sensibilisation participent à redonner au Courbaril la place qu’il mérite au cœur du patrimoine naturel martiniquais.Préserver le Courbaril, c’est protéger bien plus qu’un arbre : c’est sauvegarder un témoin vivant de notre histoire écologique et culturelle, un symbole de la résilience et de la richesse de la forêt antillaise.
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« Quand je tombe sur un Courbaril, ça me fait un truc. »Les écosystèmes De mon île La lignée« C’est comme quand, tu revois un ami. »Solide PrécieuxNoble rouge « Mon père agronome jardinait beaucoup. Il m’a transmis l’amour des plantes, mais pas celui du jardinage. » Gardien des temps Mémoire de vie Je me souviens « Cet arbre, je l’aime. Je le trouve fabuleux et généreux. »VacancesLes grandes séancesDe rempotage « Il y a des forêts où l’on se sent accueilli. » Changer les substratsRetenir les noms en latinHYMENAEA COURBARIL « C’était sur le Morne Marguerite ou à Belfond ? »À la maisonLe soirUne petite heure de travail« Ce vieil arbre, c’est l’ancêtre qui a tout vu. »Rassembler des goussesCasser les cossesRécolter la farine« Je voudrais qu’il me raconte. » La manger À la place des céréalesSouvenir de Cérélac « Les amazones, les perroquets disparus, l’agouti sous ses branches, toute la faune disparue. »Ses feuilles Son houppier Ses fleurs Son tronc Mon arbre« Il se trouve dans les étages, là où l’urbanisation fait pression sur le milieu naturel. »
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BALISIER
Heliconia caribaea
Elle se reconnaît à ses feuilles larges et planes pouvant atteindre jusqu’à 6 mètres de haut, formant parfois un véritable abri naturel pour le promeneur. Ses inflorescences spectaculaires, hautes d’environ 60 centimètres, se déclinent du rouge au jaune et évoquent les couleurs de la Guadeloupe, comme la coiffe traditionnelle des Guadeloupéennes.Très ornementales, ces inflorescences sont en réalité des bractées (feuilles non ordinaires) imbriquées les unes sur les autres, sous lesquelles se cachent les fleurs. Les fruits, d’un bleu vif, passent souvent inaperçus. Cette alliance de force et d’élégance en fait à la fois une espèce forestière typique et une plante ornementale.
Au-delà de sa beauté, Heliconia caribaea incarne une interaction écologique unique. Elle entretient en effet un lien étroit avec le colibri madère (Eulampis jugularis), oiseau endémique des Petites Antilles et principal pollinisateur de l’espèce. Leur co-évolution est remarquable : le bec long et courbé du colibri s’adapte parfaitement à la forme des fleurs de ce balisier. Ils forment ainsi un duo symbolisant l’équilibre entre faune et flore insulaires.Le choix du Balizyé par le Conservatoire Botanique National des Îles de Guadeloupe (CBN-IG) souligne l’importance de préserver les espèces indigènes. Celles-ci, liées par des co-évolutions millénaires, forment un équilibre essentiel à la résilience de nos écosystèmes.
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« Un jardin révèle toute sa beauté lorsqu’on y plante des espèces locales. » Tout y est beau Les OiseauxLes eaux Les îles « Celles qui font vibrer l’âme et la richesse naturelle de l’île. » HELICONIA CARIBAEA Trésor indigène Antillais Peuple l’accidenté« Ma première marche en forêt humide de Guadeloupe fut un choc. Je m’en souviens comme si c'était hier. »Partout vient réparerRavines rivagesEt bords de chemin« J’ai effectué mon stage d’étude avec des botanistes du monde entier. »Ses feuilles TouffuesEn éventail Coupent le souffleCicatrisent le paysage« Nous venions tous de pays différents, mais nous parlions la même langue. » Ses bractées éclatantesRetiennent l’eau Et cachent les fleursSavoureuses « Ils déterminaient tel ou tel arbre. J’étais fascinée par leurs palabres. »D’une histoire liée Une plante géanteEt un minuscule Colibri Amour transespèce millénairePlus qu’une interaction« Quand je rentre de terrain, je compare mes échantillons à ceux du grand herbier de Guadeloupe. »Ton bec ma fleur Notre territoireÀ défendre « Le Fromager, roi de la forêt au port majestueux nous apaise. »
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Gentiane jaune
Gentiana lutea
Reconnaissable entre toutes, avec ses fleurs jaune d’or, ses feuilles opposées imposantes et son port majestueux, elle est l’une des espèces emblématiquesdes paysages montagnards de notre Région. Présente sur les 4 départements de Franche-Comté, ainsi que dans l'Yonne et en Côte-d'Or, la gentiane jaune est de celles que l’on n'oublie pas. En Franche-Comté, elle est typique de ces superbes paysages de pâturages à la végétation rase et aux multiples affleurements rocheux que les locaux affectionnent tant. En Bourgogne, elle est plus forestière, recherchant la fraîcheur, et se rencontre le long des lisières ou sur les bords de route.On peut l'apercevoir en fleur de juin à août selon l’altitude et ce pendant de nombreuses années ! En effet, la longévité de cette plante peut atteindre les 50 ans, avec une première floraison entre l’âge de 5 et 10 ans.
Bien qu’elle soit commune, cette gentiane tend à se raréfier à cause de la fertilisation trop importante des prairies, de la concurrence avec d’autres plantes ou encore de la destruction des affleurements rocheux. Pour la préserver, il est nécessaire d’encourager des pratiques agricoles traditionnelles extensives à l'origine notamment de ces paysages. En forêt, elle est un peu moins menacée mais peut régresser si les lisères se boisent trop ou si l'entretien des talus forestiers est trop intense.Au-delà de sa place au sein de nos écosytèmes, dans le coeur des habitants, la gentiane jaune est également le symbole d’usages et de traditions qui ont marqués l’histoire régionale (distillation de la gentiane notamment). Elle est connue pour ses propriétés toniques amères aux vertus digestives, cholérétiques et fortifiantes.
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« J’ai toujours eu un faible pour les plantes. » Paysage horizontalTige verticale dresséeJaune crépitante « À 12 ans, c’est mon professeur de maths qui m’a donné le goût de la botanique. » Fleurs en verticille Ponctuation Fragile « Et puis, mon père était chasseur. J’allais beaucoup en nature. » L’identité des estivesPastoraleRobuste « À 14 ans, on me surnomme le gamin au Carex.» L’Haut JuraCombe profonde La vallée de la Loue Ombre froide L’plateau de MontrondLigne de sapinsL’Haut-DoubsTintement de cloches « Carex, le nom m’a tout de suite plu… » Prairies pâturéesPareilles à l’OlympeSilence des pierres GENTIANA LUTEAS’accroche au temps géologique « Je trouve les ronces très belles.» Ère Jurassique Tes racines Trésor des arracheurs Creusent les temps marins De la roche mère affleurante « J’aime les compliquées à identifier : pissenlits, epervières, alchemilles. » Ses feuilles en forme de coupesSont l’abreuvoir des passereaux Et l’hôte de l’Azuré de la croisette Gare aux fauches et au mange-caillou « On peut découvrir des choses méconnues sans aller à l’autre bout du monde. »
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Narcisse des poètes
Narcissus poeticus
Le Narcisse des poètes est emblématique des prairies traditionnelles des montagnes et vallées fraîches du Massif central qui, comme on aime à le dire là-bas, forment la plus grande prairie d’Europe. Sa floraison, aussi généreuse qu’odorante, est profondément ancrée dans les mémoires. Et nombreux sont les habitants à la récolter encore pour répondre aux besoins de la parfumerie internationale sinon pour confectionner de magnifique bouquets…Aujourd’hui, le retournement et la surfertilisation des prairies mettent à l’épreuve cette fleur emblématique et les vastes pâturages immaculés de blanc que l’on admirait sur les cartes postales d’antan. En l’espace d’une petite décennie, la flore prairiale mais aussi la plupart des insectes pollinisateurs, leurs prédateurs et le reste de la faune associée à cette chaîne alimentaire, se raréfient au profit de paysages dénués de vie.Parce qu’un Massif central sans narcisses serait tout aussi impensable qu’un monde sans poètes, le Conservatoire botanique national du Massif central est déterminé à défendre ce patrimoine.
Conjuguant leurs savoirs, paysans et botanistes intègrent avec succès la biodiversité floristique au cœur même des processus de production de viande et de lait sous label AOP. Les fromages Saint-Nectaire et Laguiole, ou encore le Fin gras du Mézenc sont des exemples éclatants de l’engagement inébranlable de certains éleveurs en faveur de cette précieuse flore dont dépend la qualité de leurs produits.C’est aujourd’hui une véritable prise de conscience collective qui s’opère où habitants, consommateurs et producteurs perçoivent l’intérêt de préserver ces prairies si riches de leur diversité et de leur histoire.
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« Écrire sur fond de rouge-gorge. » Je veux raconterL’amnésie environnementaleFaire ressentirLa destruction de la nature « La flore prairiale fait l’identité de l’Auvergne. » L’intensification des fauchesLa fertilisation des prairiesLe labourage « Grâce au pâturage. Le Narcisse des poètes a colonisé les espaces ouverts des estives. » Les moutons absents Un rêveur dehorsUne loupe une flore « Parti des rivages, il a gravi les hauts sommets. » Déclare sa flamme Déflore sa clé Et effleure sa feuille« Mon œil se concentre sur l’esthétique des choses et cherche un ailleurs. » NARCISSUS POETICUS Locus Hora Proprium « J’ai un faible pour les fougères, dans les tourbières boisées. » Dans son carnetEn latinLa langue secrète « C’est mon imaginaire tropical. »Regarde Approche Observe dedans « Le Coquelicot cache des miroirs qui réfléchissent le soleil. » Plus prèsSens-laFroisse-la « Les étamines fines et folles retiennent des morceaux de ciel bleu. » L’absolue et la concrète Sur les terres volcaniques « Je les aime toutes. »
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Lys des sables
Pancratium maritimum
Reconnaissable entre mille, avec ses pétales qui s’ouvrent comme des étoiles sur la plage, le Lis des sables (Pancratium maritimum) est incontournable sur les rivages méditerranéens. Cette plante emblématique des dunes littorales incarne la beauté discrète de ces paysages mouvants, façonnés par le vent et la mer. Strictement liée aux sables littoraux, cette géophyte vivace trouve refuge sur les dunes mobiles et semi-fixées, où les conditions de vie sont difficiles : chaleurs extrêmes, embruns salés, vents violents et dunes instables. Sa floraison estivale illumine les plages de juillet à septembre, offrant un spectacle inoubliable. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, il bénéficie d’une protection réglementaire, garantissant sa préservation et sa présence sur nos plages.
Mais son milieu naturel est aujourd’hui fragilisé. L’artificialisation du littoral, les invasions biologiques, les aménagements touristiques, la surfréquentation et les extractions de sable entraînent la fragmentation et parfois la disparition des dunes. Le Lis des sables, espèce bien connue du grand public, devient alors un indicateur précieux de l’état de conservation de ces habitats et un symbole fort pour leur protection. Sa régression sur plusieurs secteurs du littoral méditerranéen français nous alerte sur la nécessité de préserver durablement son milieu. Préserver cette plante, c’est maintenir les dynamiques naturelles des dunes, limiter les intrusions humaines, freiner les invasions végétales et sauvegarder la beauté de nos paysages. Car derrière cette fleur se cache tout un écosystème, essentiel à la biodiversité et à l’équilibre écologique de notre littoral.
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« J’ai grandi dans un coin paumé des Alpes-de-Haute-Provence avec la nature tout autour. » La mer La dune mobile Et puis la pinède « Faire attention à ce qui m’entoure est un mode de vie. » L’été canicule L’odeur du monoï Puis, la montée des eaux « On s’attache aux plantes. » Le littoral Les embruns Puis sur le rivage « l’Arméria de Belgentier et la Nivéole de Nice sont un peu comme mes bébés. » Serviettes PANCRATIUM MARITIMUM Serviettes « La surfréquentation et le piétinement de ces zones abîment l’espèce. » Le bulbe Les feuilles Juin les boutons Le bulbe Les feuilles Août les fleurs Le bulbe Les feuilles Septembre les graines « Pas très loin, la Germandrée faux petit pin est presque éteinte dans les quartiers Nord de Marseille. » Mes filles Les graines Flottent sur l’eau Noires comme le charbonLégères comme le polystyrène « À la plage, elles frottent leurs nez dans les Lis de mer. » ÉléganteElle sent bonLe réchauffement climatique « Jaune de pollen, elles s’écrient : « nous sommes des abeilles, nous sommes des abeilles ! »
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pissenlit
Taraxacum sp.
Le pissenlit est une plante honnie. Il s’installe au pied des murs et dans les caniveaux. Il traîne avec lui l’image dégradée des friches et terrains vagues où il prospère. Sa rosette asymétrique de feuilles hirsutes, aux bords tranchants, force le passage dans nos gazons éthérés faits de jolis petits brins sagement dressés. Et pourtant, qui ne s’est jamais amusé à souffler sur ses fruits pour les voir s’envoler comme des bulles de savon ? Qui n’a jamais joué de la trompette avec sa tige creuse pour faire rire les copains ? Voilà tout le paradoxe du pissenlit, plante clivante par excellence.
Que vous soyez sensible ou non à sa beauté et à son intérêt (si tant est qu’il faille trouver un intérêt à une espèce pour la considérer), il y a un fait qui, chez le pissenlit, ne se discute pas : sa générosité. L’espèce compte parmi les plus mellifères de France : le nectar y coule à flot et le pollen est servi sur un plateau. Oui, un plateau. Il porte des dizaines de petites fleurs en languette, couleur jaune d’or. Les botanistes l’appellent le « capitule » mais pour les insectes, c’est le Capitole ! Ce printemps, prenez donc le temps de vous asseoir dans l’herbe et posez votre regard sur le capitule bombé, gorgé de soleil, d’un pissenlit. Vous y verrez se succéder papillons, abeilles, bourdons, mouches et fourmis. Vous y verrez défiler la Vie.
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« J’aime les Monts de Flandre et le massif dunaire de la Mer du Nord. » Songe d’une nuit L’été Dans mon jardinL’Ophrys abeille Et le pissenlitAux dents de lion « C’est comme si le jardin était propice à la métamorphose. » La belle et la bêteFolâtrent avec lesAbeilles solitairesOrgie d’herbes hautes « Il faut savoir caresser les orties. » TARAXACUMCapitule jauneN’abandonne Jamais « Maintenant, c’est moi qui l’apprends aux enfants.» ColonisateurRépanduD’un pôle à l’autre « Voir disparaître les grands ormes, des espèces communes lorsque j’étais enfant. » DifficileÀ exterminerÀ déterminer « Si on n’est pas engagé, on ne tient pas. Si on est trop passionné, on ne tient pas non plus. » 300 en France1200 en Europe 2000 dans le monde « Un pré fleuri, fauché n’importe quand, n’importe comment, ça, ça m’énerve. » Tondez-le, coupez-leIl panique Tondez-le, coupez-leIl transforme Tondez-le, coupez-leSes ovaires en fruitsTondez-le, coupez-leVous voilà envahi « Insuffler un élan de liberté par la libre-évolution de son jardin. » Laissez-leIl ne fleuritQue deux fois « Laisser le temps au temps et apprivoiser le Pissenlit.»
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pANICAUT VIVIPARE
Eryngium viviparum
Le Panicaut vivipare est une plante petite et discrète, extrêmement rare, dont la répartition mondiale se limite au nord-ouest de la péninsule Ibérique et à la Bretagne. En France, il ne subsiste qu’une seule population naturelle, située dans le Morbihan. Le Panicaut vivipare vit dans des zones humides oligotrophes temporaires, inondées en hiver et s’asséchant en été. Ne supportant pas la concurrence végétale, il s’installe exclusivement dans des zones à végétation herbacée rase et clairsemée.En Bretagne, le Panicaut vivipare a fortement régressé au cours du 20e siècle. L’abandon des usages agricoles extensifs, conjugué à l’urbanisation et à la création de plans d’eau permanents, a entraîné la raréfaction de son habitat et mis en péril sa survie.
Depuis de nombreuses années, un réseau d’acteurs – associatifs, collectivités, chercheurs - se mobilise pour contribuer à la préservation du Panicaut vivipare : gestion par pâturage bovin pour maintenir des habitats favorables, restauration de sites et d’habitats, prise en compte des zones humides oligotrophes dans les documents de planification, projet de création d’une réserve naturelle pour assurer la préservation de cette espèce et plus globalement des zones humides oligotrophes… Le Plan national d’actions (2022-2031) permet de fédérer ces acteurs et de maintenir une dynamique collective.Espèce « porte-drapeau » des milieux humides oligotrophes, le Panicaut vivipare interroge plus largement notre rapport à la nature et illustre les liens étroits entre pratiques agricoles et préservation de la biodiversité.
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« Tu regardes tout.» Histoire d’homme Et de végétal Liés par la plante « Une balade avec toi, ça dure 10 ans... » Belz Minuscule Constellation « À quatre pattes dans une prairie, le nez dessus. » Quarante ans de lutte La maintenir en viePlus rare que le panda « Forcément, un attachement se crée. » Paysage Non rentableQui se raréfie « Pendant des années la regarder, attentivement. » L’hiver l’eau Au ras des bottesLe printemps ZAC Et habitations fleurissent « La plante fédère et génère des liens autour d’elle. » Azuré de la sanguisorbe Lépidure apode Jonc nain « Le fait de voir autant de personnes au petit soin pour elle, m’émeut beaucoup. » Quelqu’un quiConnaît quelqu'un Qui a une vache « Le gardien de la réserve des Quatre chemins est l’ange gardien du Panicaut. » Plutôt deux Pies NoiresPour piétiner fort bien « Sans le réseau de protecteurs, elle ne serait plus là. » ERYNGIUM VIVIPARUM « La plante déclinait, c’est le pâturage qui l’a sauvée. »
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simÉthide de mattiazi
Siméthis mattiazzii
Qui a déjà flâné dans les landes aura peut-être croisé Simethis mattiazzii qui s’y épanouit au printemps en quelques fleurs blanches. Tels des plumeaux, ses étamines à filet blanc et cotonneux limitent tout risque de confusion.Dans ces paysages, le rose des bruyères se mêle au jaune des ajoncs. Sols pauvres en nutriments, acides… les conditions de développement sont rudes pour la végétation. Bien que peu d’espèces s’épanouissent dans les landes, ces milieux recèlent une très riche biodiversité. Fruits d’une coévolution de plusieurs milliers d’années, leurs cortèges faunistique et floristique sont hautement adaptés. Ils sont ainsi particulièrement sensibles à toute modification de leurs conditions de vie, et souvent rares dans l’Hexagone.
Ces milieux agropastoraux, liés à des pratiques d’élevage extensives, étaient historiquement majoritaires dans les Landes de Gascogne où se trouve le siège du CBN Sud-Atlantique. Au XIXè s., les pinèdes, plus rentables, les ont largement supplantés. Parole de botaniste, les plus beaux ensembles de landes sont aujourd’hui… dans les zones militaires, exemptes de sylviculture et où certains troupeaux ont encore la chance de pâturer !Bien qu’en régression, les landes restent emblématiques de l’ouest de la France, et sont suivies de près par nos botanistes des antennes basque et poitevine. Le littoral basque abrite ainsi les seules landes sur falaises littorales de la région. Délaissées par l’élevage, les landes sont également devenues rares dans le Poitou et les pelouses associées le sont même davantage. C’est pourtant l’habitat de prédilection du Siméthide, du Pays basque jusqu’au Poitou.
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« Pour ceux qui gardent encore au cœur le regret des choses disparues, le jardin joli de ces fleurs agrestes, dont les douces senteurs emplissaient notre terre landaise autrefois, et qui allaient toutes achever de mourir demain, délaissées de la génération nouvelle pour ne plus reverdir, jamais. Félix Arnaudin » Bruyère rosePiémont pyrénéenMolinie Ajonc jauneLandes de GascogneFougère aigle Siméthide blancBrandes du Poitou Cachette à loups « Quand j’étais petit, je voulais être garde-champêtre. » Ce sont là Des eaux stagnantes De l’Holocène Un essaim de lagunes « La nature ? ça a toujours été une passion » Herbiers enracinés Prairies flottantes Bergers échassiers « Les espèces composent les milieux. Elles sont un sujet d’étude et d’émerveillement. » C’est dans ce désertImpénétrableQue de nombreuses vies Trouvent refugeSIMETHIS DE MATTIAZZIIY affectionne Les pelouses acides « Difficile de marcher dans les brandes. » Paysannerie ancestraleDisparue Fantômes de moutonsPaissent la Lande Ensevelie Sous les pins maritimes « On se fraye un chemin dans les pas des animaux sauvages. » Caviar des moutonsÉtamines Cotonneuses « Le Siméthide à fourrure blanche est un roi dans ces milieux difficiles à explorer. »
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anémone pulsatille
Pulsatilla vulgaris
L’Anémone pulsatille est une plante à floraison printanière, observable dès le mois de mars. On la trouve le plus souvent dans des habitats chauds, dits thermophiles, secs et bien exposés au soleil. Cette espèce se reconnaît très facilement grâce à ses fleurs comportant six grands tépales de couleur violet clair à foncé, entourant un cœur formé de nombreuses étamines et carpelles jaunes. Elle reste également très identifiable après la floraison, grâce à ses feuilles étroites, velues, et surtout à ses fruits, formant une tête hirsute composée d’akènes surmontés d’une longue arête plumeuse qui s’allonge avant la maturité. Cette particularité facilite leur dissémination par le vent.
Le Bassin parisien et ses abords immédiats concentrent l’essentiel des populations françaises. Dans les milieux les plus favorables, elle y forme de superbe tapis violet qui colorent les pelouses au début du printemps. Espèce patrimoniale en déclin dans plusieurs régions (protégée en Île-de-France, Centre-Val de Loire et le Pays de la Loire notamment), elle souffre de la fermeture de ses milieux ou de changements de pratiques agricoles. L’abandon du pâturage extensif, qui permettait le maintien d’habitats ouverts, ainsi que l’introduction du pin noir à des fins de production, entraînent une contraction de son aire de répartition. Elle est désormais inscrite sur plusieurs listes rouges. Son attrait peut également la rendre victime de cueillettes intempestives.
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« L’attachement s’est fait progressivement. Ce sont des rencontres que l’on fait. » Elle épouse le Bassin parisienLa moitié haute De l’hexagone sédimentaire « Trente ! Quarante ! Cinquante jours à ne parler que flore ! » Là où les friches Les rebords de plateau Et les vergers disparaissent « Il n’y a pas que les forêts qui comptent. » Là où les genévriers Engloutissent la lumière
Et ferment l’ouvert « Il nous faut autre chose. » Ses plumeaux vulnérables Battus par le vent s’agitent Et se pavanent « Sinon, nous risquons de perdre un précieux patrimoine. »Mi-fleur mi-animale Au pelage gris Parée de flocons« C’est une des premières plantes qui fleurit.» La pelouse espère le mouton
Le mouton espère le berger
La phalène espère l’anémone
« Elle symbolise la renaissance du printemps. » Car qui d’autre Que toi Phalène S’inquiète « Les pétales violets sont argentés sur la face extérieure. » De voir PULSATILLA VULGARIS Disparaître « Les étamines nombreuses donnent envie de s’y frotter. » De voir
Les pelouses calcicoles
Disparaître « Je les aime toutes. »
L’abeille minière peut-être
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benjoin
Terminalia bentzoe
Le benjoin est un grand arbre endémique des Mascareignes, devenu très rare en milieu naturel, à l’exception de quelques individus isolés existant encore à très basse altitude, principalement dans les Cirques de Mafate et de Cilaos. Il est largement cultivé dans les espaces urbains, agricoles ou sylvicoles et très utilisé par les Réunionnais, car le benjoin fait également partie des plantes médicinales incontournables de la pharmacopée traditionnelle à La Réunion, pour la préparation des “Zerbaz” ; son écorce est notamment utilisée dans les tisanes dites de « refroidissement », lorsqu’une personne attrape froid. Rares sont les benjoins qui ne présentent pas des cicatrices sur leur tronc, résultats des prélèvements d’écorce au sabre. Certains arbres finissent par succomber à ces blessures à répétition.
Bois de construction de premier ordre, il a servi tant à la menuiserie et à l’ébénisterie qu’au charronnage. Le benjoin est le baume extrait de diverses plantes du genre Styrax. Terminalia bentzoe produit également une résine odorante, anciennement confondue avec le vrai baume benjoin. Pour Bernardin de Saint-Pierre, il est appelé benjoin « parce qu’il joint bien, son bois étant le plus liant du pays ».
Ecouter le poème
« Mascareignes mi aim a zot. » PartoutAilleurs Le déclin « Trente ! Quarante ! Cinquante jours à ne parler que flore ! » Île océanique
Humide à l’est
Sèche à l’ouest « Le bienfait ressenti. Ça vient de là. » Paradis
Biologique
Tout juste né «J’ai travaillé sur la spéciation, c’est-à-dire la formation des nouvelles espèces. »Asymétrique
Fort gradient altitudinal
Micro-habitats
Micro-climats « Peu d’endroits au monde permettent de travailler là-dessus. » Bois de Judas
Bois de nèfles à petites feuilles
Heterochaenia ensifolia « Polyamour des écosystèmes. » TERMINALIA BENTZOE
Reste
Deux cents individus « Documenter la plante fait naître un attachement. » L’indigène des ravines
Remplacé par
L’exotique des parkings « Je suis, avant tout, attaché à la science. » Roussettes noires Tortues géantes
Bois de paille en queue « On connaît la valeur patrimoniale que tel ou tel individu représente. » Conscientiser l’irréversible
Le Gâchis
Du temps passé « Maintenant, tout me retient ici. »
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bleuet des champs
Cyanus segetum
Le Bleuet des champs, fait partie de ces fleurs familières qui habitent les milieux agricoles. Présent aux côtés des cultures céréalières depuis des millénaires, Cyanus segetum serait arrivé en France avec les premiers agriculteurs, au cours de la période du Néolithique.Fidèle compagnon des moissons, le Bleuet fleurit de mai à juillet, lorsque les céréales arrivent à maturité. On l’observe principalement au cœur des champs, mais aussi le long des routes ou en bordure de parcelles.
L’évolution des pratiques agricoles, labours profonds, usage de produits phytosanitaires chimiques de synthèse, monoculture, a provoqué son déclin dans de nombreuses régions. S’il ne bénéficie pas d’une protection réglementaire particulière, le Bleuet fait l'objet d'actions spécifiques en faveur des plantes messicoles. Ses qualités mellifères, attirent les insectes pollinisateurs. Ses graines constituent également une source de nourriture pour certains oiseaux des milieux agricoles, comme le chardonneret. À la fois allié des cultures et symbole de l'imaginaire champêtre, il nous rappelle que la biodiversité ne se limite pas aux espaces naturels protégés, elle se niche aussi dans les lieux cultivés.
Ecouter le poème
« Je n’imagine pas une vie sans plante. » Travail du solMoissons d’hiver Remuer la Terre « Faire claquer les silènes avec mon grand-père. »Plus de place
Pour les fleurs
Bleues du champ « Il y a 25 ans en Tasmanie, je me suis intéressée aux plantes rares et menacées.» Dauphinelles
Pieds d’alouette Nielle des blés « Le bleuet des champs semble commun, mais le connaît-on vraiment ? »Rare / CENTAUREA CYANUS / Commun « Défendre la place des p’tites fleurs disent-ils avec mépris. » Agro-industrie
Chimie
Désherbants
« Autrefois, on fabriquait du miel de bleuet des champs. » Il aime
Être serré
Épis de bléÉpis de bléÉpis de bléÉpis de bléÉpis de blé
Épis de bléCENTAUREA CYANUSépis de bléÉpis de bléÉpis de bléÉpis de bléÉpis de bléÉpis de blé « C’est difficile de revenir en arrière, voire même impossible. » Cide
Cide CENTAUREA CYANUS Cide - Poécide
Cide « Les terres traitées ne peuvent plus accueillir de graines. » Polyculture versus monoculture
Extensif versus intensif
Qualitatif versus quantitaf « L’Orchis Lactée est isolée, cernée de béton comme dans un zoo. » Semer à l’automne
Du repos
Germer au printemps « La prairie de la Jacinthe de Rome est protégée et l’Aster des Pyrénées est plus présente que ce que nous pensions.»
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fougère aigle
Pteridium aquilinum
La fougère aigle est une plante très commune en Corse et emblématique notamment de la vie pastorale de l’île. Elle est présente dans les pelouses, fruticées et forêts claires sur sol acide et profond de l’étage thermoméditerranéen à subalpin. Son nom vernaculaire viendrait de la forme des canaux de sèves observée lors d’une coupe de la tige. Connue pour de très nombreuses utilisations, elle a accompagné la vie des éleveurs en Corse et plus largement de la population insulaire. Elle était utilisée pour fabriquer des lits de fortune en montagne, des cabanes, filtrer le lait, conserver les aliments au frais mais également confectionner des litières pour les animaux par exemple.
Un proverbe corse dit “ùn ti scurdà di a filetta”. Si littéralement cela veut dire “n’oublie pas la fougère” c’est en fait une très vieille expression pour rappeler aux plus jeunes, et notamment ceux qui doivent quitter l’île, de ne jamais oublier d’où ils viennent, leur terre natale qui est la Corse. Actuellement, elle a conquis et elle couvre de vastes surfaces qui étaient autrefois dévolues au pâturage ou aux cultures de céréales et son omniprésence dans les paysages insulaires est devenue le témoin de l’abandon des terres et de la régression de l’élevage traditionnel dans toute l’île.
Ecouter le poème
« Ùn ti scurdà più di a filetta. » ArburiArbe Arbigliule « N’oublie pas la fougère, souviens-toi d’où tu viens. » Ma mère, la Corse
Mon père, le maquis
Moi, l’enfant fougère « La plante est un symbole fort d’attachement au territoire. » Commune à tous les étages
PTERIDIUM AQUILINUM
Cache l’aigle dans sa tige « L’amour des plantes, c’est elle ! »Ni spectaculaire
Ni remarquable
Elle recouvre l’île « Je la suivais partout. » Sous couvert
En sous-bois
En forêt claire « Il ne faut pas rester enfermée. » Plastique De très bas À très haut « Tu n’as pas de fièvre : sors, dehors ! » Visible partout
Elle cache
Les secrets de la montagne « Tout va mieux, lorsque je sors. » Ses acolytes
Qui elles sont rares
Au bord des chemins « Le maquis soigne mes maux. » A nepita
U pavonu
A nocca « En CE2, j’ai découvert le mot « endémique » pour l’hellébore de Corse. Je l’ai gardée comme favorite.»
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le réseau des CBN
14 Conservatoires botaniques nationnaux, des experts au service de la biodiversité végétale et fongique...
Présents partout en France métropolitaine et en outre-mer, les Conservatoires botaniques nationaux contribuent à l’inventaire, la préservation et la valorisation de la flore, de la fonge et de leurs habitats naturels. Chaque année, les CBN proposent une programmation dédiée à la diversité végétale et fongique. Temps fort de sensibilisation, La Belle Saison des CBN valorise leur action et encourage chacun à agir en faveur du vivant.
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Le site internet
La belle saison
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Le site internet
le projet
Ex(s)istere est une œuvre artistique imaginée par l’artiste Amandine Polet avec les Conservatoires botaniques nationaux dans le cadre de leur temps fort annuel “La Belle saison des CBN”.
Chaque CBN a choisi une plante qui lui est chère, pour laquelle l’artiste a réalisé des dessins et textes poétiques qui racontent ces plantes autrement. Communes ou rares, elles racontent toutes une histoire et portent un message.
Dans l’exposition et dans la rue, des silhouettes végétales apparaissent au sol. Dessinées à la craie, elles disparaissent peu à peu avec la pluie et les pas des passants. Ce dispositif artistique nous rappelle que beaucoup d’espèces végétales sont menacées ou échappent parfois à notre attention. Ex(s)istere* invite petits et grands à regarder les plantes autrement, à prendre le temps et à réfléchir à notre lien avec le vivant.
* Ex(s)istere
Le titre Ex(s)istere, issu du latin archaïque ex + sistere — « sortir de », « se manifester », « se montrer » — donne la clé de lecture du projet : faire exister ce qui tend à disparaître, rendre visible l’invisible, lutter contre l’effacement silencieux du vivant.
Autour des poèmes
« Afin de préserver nos lieux et de nous y sentir chez nous, il est nécessaire de les remplir d’imagination. »
Wendell Berry
La structure du poème oscille entre des strophes et des phrases entre guillemets. Ces bribes de paroles glanées lors des interviews sont rapportées au discours direct. Elles structurent le poème et témoignent des échanges entre l’artiste et les scientifiques. Soigneusement sélectionnés, les mots dans le poème agissent sur le papier, puis, dans l’esprit du lecteur comme les pochoirs dans l’espace public. Ils se déposent et interpellent. Cet entrelac a pour fonction de faire exister le poème et dans la foulée la plante. La parole de celui qui dit la plante devient le pivot du poème. C’est aussi un frottement entre le réel de la plante et la fiction du poème. Les entre guillemets soufflent l’intime, l’amour. Ils disent aussi le désarroi et notre incapacité à conserver l’état du monde dans lequel nous vivons.
Les poèmes n’ont pas pour vocation d’illustrer la plante. Ils sont des traces d’existences : celles de la plante, du scientifique, d’un milieu ou encore d’un songe de l’artiste. Ainsi, le lecteur en lisant ne se dira pas forcément : « Tiens, ici, il s’agit de la Pulsatille ou du lis de mer ». Chaque poème est une ode à la plante par celui qui en parle. Les plantes se manifestent par l’attention qu’on leur porte et par la force symbolique de la langue. Au détour d’une strophe, le Narcisse des poètes invite la Fougère à sortir de la tourbière et à siéger dans le poème. Le Lis de mer évoque sa voisine marseillaise la Germandrée du pin. Les lieux que nous rêvons à travers la littérature nous définissent également. Le fait de ne les avoir jamais fréquentés n’affecte en rien l’intensité du lien. Les poèmes, les uns après les autres, soulignent l’importance d’être attentif au vivant. Le pissenlit indomptable qui pousse partout devient tout aussi important que le Panicaut Vivipare qui lui dispose d’un plan national de sauvegarde tant il est menacé. Chacune à son rôle à jouer dans l’écosystème.
Découvrir l'artiste
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Découvrir les lieux d'exposition physique
les lieux d'exposition
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- Jardin du CAUE de la Somme de Amiens (80),
- Jardin des Plantes de Caen (14),
- Jardin des plantes de Rouen (76),
- Bibliothèque Mansart à Dijon (21),
- Bibliothèque Pierre Bayle de Besançon (25),
- Jardins Botaniques de l’Évéché de Limoges (87),
- Musée Crozatier du Puy-en-Velay (43),
- Cité du Design à Saint-Etienne (42),
- Réseau des MJC du Rhône à Lyon (69),
- Domaine de Certes et Graveyron à Audenge (33),
- Jardin botanique littoral de Saint-Jean-de-Luz (64),
- Vallon de Salut à Bagnères-de-Bigorre (65),
- Gare de Bastia (2B),
- Tropiques Atrium Scène Nationale à Fort de France (97209),
- Jardin Botanique de La Réunion (97413),
- Mémorial ACTe à Pointe-à-Pitre (97110).
Découvrez également tous les évènements de "La belle saison des CBN" partout en France
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Programme
Ex(s)istere, une ode au végétal sauvage
Julie Ravera
Created on January 29, 2026
Accompagnés par l’artiste plasticienne Amandine Polet, les Conservatoires botaniques nationaux vous proposent de découvrir une œuvre originale mêlant botanique, création graphiques, poésie et performance artistique créée spécifiquement pour le lancement de la Belle saison des CBN 2026 !
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Transcript
EX(S)ISTERE
Une ode au végétal sauvage
les Conservatoires botaniques nationaux
le projet
l'artiste
un CBN, une espèce
Découvrez les 14 espèces sélectionnées sur le territoire français
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Les poèmes n’ont pas pour vocation d’illustrer la plante. Chaque poème est une ode à la plante par celui qui en parle.
Amandine POLET
"Artiviste"
Se définissant comme une “artiviste”, Amandine Polet a mené de nombreux projets mêlant l’art, la poésie et l’environnement, tout en associant une grande diversité de publics, comme “Le parlement de la forêt” (autour des droits de la forêt qui a permis de faire germer l’association Chailluz et le projet Forêt vivante, soutenus par l’OFB) ou encore le projet “Liste Rouge” (autour des insectes menacés).
Diplômée de l’École Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d’Art Olivier de Serres à Paris, le travail artistique d’Amandine Polet répond à des enjeux sociétaux et environnementaux actuels. Depuis toujours, la nature est une source d’inspiration pour les artistes. Dans cette ère de l’anthropocène, l’artiste souhaite s’engager à la fois par les actes et par son geste artistique : l’Art Environnemental et l’Artivisme sont des supports privilégiés pour sensibiliser aux changements climatiques et autres enjeux environnementaux. Elle envisage ses travaux comme une tentative de renouer avec le sensible et comme une manière de réinventer notre relation à la «nature» afin de mieux la protéger.
Montrer et faire entendre l’invisible essentiel, le banal précieux et les formes d’amour qu’il est possible de développer avec les êtres vivants. Explorer nos liens, souligner les connexions inter-espèces pour traduire avec finesse et délicatesse l’effondrement en cours...
Installation, illustration, poésie, photographie, projets vivants transversaux à la manière de laboratoires de pensée qui réunissent des acteurs de l’art, des sciences humaines et sociales, des sciences de l’écologie, etc. constituent ainsi son travail protéiforme et pluridisciplinaire qui questionne notre rapport au vivant et révèle sa fragilité.
Son geste artistique s’invente et résonne avec son parcours de militante de terrain, au quotidien.
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REINE DES ALPES
Eryngium alpinum
La Reine des Alpes est une plante emblématique… des Alpes. C’est d’ailleurs le seul territoire au monde où on peut observer cette cousine de la carotte dont la tige dressée atteint 60 cm. Car non, cette endémique n’est pas un chardon malgré son surnom de “chardon bleu”. Ses fleurs verdâtres virent au bleu à mesure de l’avancée de la floraison, donnant au paysage une dimension quasi aquatique lorsque la population est importante comme dans la réserve biologique du vallon du Fournel dans les Hautes-Alpes. L’espèce s’y est installée en opportuniste, profitant de trouées dans la forêt, dégagées par du pâturage ou de la fauche.
En effet la Reine des Alpes apprécie les milieux ouverts comme les couloirs d’avalanche et les sols frais et profonds des mégaphorbiaies et mélézins clairs, et certaines prairies de fauche. Mais attention à ne pas faucher ou faire pâturer trop tôt car ses graines ont besoin de temps pour mûrir. Des mesures agri-environnementales, sont alors nécessaires pour préserver cette espèce protégée aux niveaux national et européen. Cette reine bleue qui garde sa couleur lorsqu’elle sèche est également une proie pour les bouquets séchés et les herbiers. Deux chercheuses ont particulièrement contribué à la connaissance de cette espèce : Irène Till-Bottraud et Myriam Gaudeul. Merci à elles pour ce travail de longue haleine de suivi de plus de 3 000 individus pendant plus de 20 ans !
Ecouter le poème
« Ma mère m’a dit que petit, je voulais être horticulteur. » Au loin On voit Une montagne« Je ne saurais dire exactement ce qui m a amené à ça. »À cet endroit Il y a une plante Avec un marais« Je suis là où j’ai envie d’être. »ERYNGIUM ALPINUMElle ne se voit pasJe sais qu’elle est là« Je connais la montagne, parce que la Reine des Alpes y pousse. »Reculée du mondeDans le creux des Couloirs d’avalanches « S’intéresser aux plantes, c’est mettre le doigt dans un engrenage. » Mer bleue Vallon du FournelL’Argentière-la-Bessée« Quel que soit le sujet, si celui qui transmet est passionné, l’autre sera nécessairement intéressé. » Menacée Endémique de l’Arc Alpin Menacée « Nos Alpes s’assèchent. » La vue Ne permet en rienDe vraiment la voir « Ce que j’observe est grave. Si on attend, l’espèce disparaîtra. »Il faut la sentir Entre ses doigtsCaresser « Au-delà de l'attachement, ce qu'il faut éveiller, c'est ce lien vivant qui nous fait nous sentir concerné. »Le Chardon bleuDoux Comme une plume de carotte« Encordés, nous montions au refuge du couvercle, dans le massif du Mont Blanc. Je grimpe à l’échelle, et je la vois, pour la première fois, ici, dans la mer de glace. La Saxifrage cotylédon. »
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SALICORNE D'EUROPE
Salicornia europea europea
La Salicorne d’Europe est une espèce annuelle emblématique des vasières du littoral, que l’on rencontre depuis les étendues de vases recouvertes chaque jour par la mer (haute slikke) jusqu’aux prés-salés inondés lors des fortes marées (bas schorre). Elle est particulièrement répandue dans le fond des grandes baies normandes, telles que la Baie du Mont Saint-Michel ou la Baie des Veys, ainsi que dans plusieurs estuaires, notamment ceux de la Seine, de l’Orne, de la Dives et dans les havres du Cotentin. Cette plante comestible, dont la récolte possède une longue histoire, fait aujourd’hui l’objet de pratiques réglementées afin de préserver ses populations et les écosystèmes fragiles qu’elle fréquente.
La Salicorne est une plante dite halophyte, c’est-à-dire qu’elle est parfaitement adaptée aux sols salés, des environnements où peu d’autres espèces végétales parviennent à survivre. Sa résistance au sel et sa richesse en minéraux, notamment en potassium, en ont fait une ressource autrefois précieuse. Elle servait à la fabrication de la potasse caustique, un produit fortement alcalin utilisé dans divers procédés industriels et chimiques. Le terme « potasse » lui-même trouve son origine dans l’arabe al-qalyah, signifiant « cendre de salicorne », rappelant l’usage historique de cette plante dans la production de cendres riches en alcalins.
Ecouter le poème
« Plus qu’un attachement, c’est une addiction aux plantes. » Nord atlantique Manche Mer du Nord« Petit, j’étais fasciné par les fleurs. » Vert bleuté Cylindrique Écailles en épi « Je me souviens l’herbier de plus de quarante familles avec notre professeur de bio. »Microscopiques Fleurs jaunes Succulente Voie lactéeInfusorienne « Une sensation de liberté où le temps file. »La mini-mangrove Évite l’érosion Héberge les crustacés « Nous plonger dans les flores et les clés de détermination. La rigueur botanique. »Deux mains Par jourPar personne« Bertille s’était lancée dans la culture d’orchidées. Au bout de deux mois, des bébés Liparis virent le jour. »Estuaire EndiguéMarée Contrainte SALICORNIA EUROPAEA Régresse « Je les aime toutes : la Violette de Rouen, l’Étoile d’eau, les droseras. »Revoir l’ObioneReconquérir des prés salésReconnecter les espaces« J’ai vécu dix ans en Afrique, j’y ai aussi des plantes de cœur. »Laisser la mer S’insinuer Lécher l’estran Remplir le schorre« Je sentis sa petite main potelée se refermer sur le rameau que je lui tendais derrière moi. Touche, sens, murmurais-je. Dans le porte-bébé, pendant que je foulais la montagne, mon enfant s’exécutait avec émerveillement. »
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COURBARIL
Hymenaea courbaril
Arbre majestueux et emblématique de notre territoire, le Courbaril incarne la force et la mémoire des forêts tropicales sèches de la Martinique. Son tronc massif, son feuillage dense et son écorce brun rougeâtre, d’où s’écoule une résine ambrée autrefois prisée comme encens ou vernis naturel, en font une espèce aussi utile que symbolique.Son bois, classé parmi les semi-précieux, est très recherché en ébénisterie pour sa robustesse et sa beauté veinée. Ses propriétés médicinales, connues depuis des siècles, continuent d’être valorisées dans la pharmacopée traditionnelle. Et depuis peu, certaines traditions culinaires refont surface : la chair jaune farineuse de ses gousses permet d’obtenir une farine nourrissante, utilisée pour préparer jus, gâteaux ou desserts aux saveurs d’antan.
Mais derrière cette richesse d’usages se cache une fragilité grandissante. Le Courbaril est aujourd’hui menacé d’extinction selon l’UICN. La déforestation, la raréfaction des forêts sèches et la surexploitation du bois fragilisent ses populations naturelles. Face à ce constat, le Conservatoire botanique national de Martinique s’engage pour la connaissance, la sauvegarde et la valorisation de cette espèce remarquable. Études de terrain, collecte de semences, culture en serre et actions de sensibilisation participent à redonner au Courbaril la place qu’il mérite au cœur du patrimoine naturel martiniquais.Préserver le Courbaril, c’est protéger bien plus qu’un arbre : c’est sauvegarder un témoin vivant de notre histoire écologique et culturelle, un symbole de la résilience et de la richesse de la forêt antillaise.
Ecouter le poème
« Quand je tombe sur un Courbaril, ça me fait un truc. »Les écosystèmes De mon île La lignée« C’est comme quand, tu revois un ami. »Solide PrécieuxNoble rouge « Mon père agronome jardinait beaucoup. Il m’a transmis l’amour des plantes, mais pas celui du jardinage. » Gardien des temps Mémoire de vie Je me souviens « Cet arbre, je l’aime. Je le trouve fabuleux et généreux. »VacancesLes grandes séancesDe rempotage « Il y a des forêts où l’on se sent accueilli. » Changer les substratsRetenir les noms en latinHYMENAEA COURBARIL « C’était sur le Morne Marguerite ou à Belfond ? »À la maisonLe soirUne petite heure de travail« Ce vieil arbre, c’est l’ancêtre qui a tout vu. »Rassembler des goussesCasser les cossesRécolter la farine« Je voudrais qu’il me raconte. » La manger À la place des céréalesSouvenir de Cérélac « Les amazones, les perroquets disparus, l’agouti sous ses branches, toute la faune disparue. »Ses feuilles Son houppier Ses fleurs Son tronc Mon arbre« Il se trouve dans les étages, là où l’urbanisation fait pression sur le milieu naturel. »
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BALISIER
Heliconia caribaea
Elle se reconnaît à ses feuilles larges et planes pouvant atteindre jusqu’à 6 mètres de haut, formant parfois un véritable abri naturel pour le promeneur. Ses inflorescences spectaculaires, hautes d’environ 60 centimètres, se déclinent du rouge au jaune et évoquent les couleurs de la Guadeloupe, comme la coiffe traditionnelle des Guadeloupéennes.Très ornementales, ces inflorescences sont en réalité des bractées (feuilles non ordinaires) imbriquées les unes sur les autres, sous lesquelles se cachent les fleurs. Les fruits, d’un bleu vif, passent souvent inaperçus. Cette alliance de force et d’élégance en fait à la fois une espèce forestière typique et une plante ornementale.
Au-delà de sa beauté, Heliconia caribaea incarne une interaction écologique unique. Elle entretient en effet un lien étroit avec le colibri madère (Eulampis jugularis), oiseau endémique des Petites Antilles et principal pollinisateur de l’espèce. Leur co-évolution est remarquable : le bec long et courbé du colibri s’adapte parfaitement à la forme des fleurs de ce balisier. Ils forment ainsi un duo symbolisant l’équilibre entre faune et flore insulaires.Le choix du Balizyé par le Conservatoire Botanique National des Îles de Guadeloupe (CBN-IG) souligne l’importance de préserver les espèces indigènes. Celles-ci, liées par des co-évolutions millénaires, forment un équilibre essentiel à la résilience de nos écosystèmes.
Ecouter le poème
« Un jardin révèle toute sa beauté lorsqu’on y plante des espèces locales. » Tout y est beau Les OiseauxLes eaux Les îles « Celles qui font vibrer l’âme et la richesse naturelle de l’île. » HELICONIA CARIBAEA Trésor indigène Antillais Peuple l’accidenté« Ma première marche en forêt humide de Guadeloupe fut un choc. Je m’en souviens comme si c'était hier. »Partout vient réparerRavines rivagesEt bords de chemin« J’ai effectué mon stage d’étude avec des botanistes du monde entier. »Ses feuilles TouffuesEn éventail Coupent le souffleCicatrisent le paysage« Nous venions tous de pays différents, mais nous parlions la même langue. » Ses bractées éclatantesRetiennent l’eau Et cachent les fleursSavoureuses « Ils déterminaient tel ou tel arbre. J’étais fascinée par leurs palabres. »D’une histoire liée Une plante géanteEt un minuscule Colibri Amour transespèce millénairePlus qu’une interaction« Quand je rentre de terrain, je compare mes échantillons à ceux du grand herbier de Guadeloupe. »Ton bec ma fleur Notre territoireÀ défendre « Le Fromager, roi de la forêt au port majestueux nous apaise. »
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Gentiane jaune
Gentiana lutea
Reconnaissable entre toutes, avec ses fleurs jaune d’or, ses feuilles opposées imposantes et son port majestueux, elle est l’une des espèces emblématiquesdes paysages montagnards de notre Région. Présente sur les 4 départements de Franche-Comté, ainsi que dans l'Yonne et en Côte-d'Or, la gentiane jaune est de celles que l’on n'oublie pas. En Franche-Comté, elle est typique de ces superbes paysages de pâturages à la végétation rase et aux multiples affleurements rocheux que les locaux affectionnent tant. En Bourgogne, elle est plus forestière, recherchant la fraîcheur, et se rencontre le long des lisières ou sur les bords de route.On peut l'apercevoir en fleur de juin à août selon l’altitude et ce pendant de nombreuses années ! En effet, la longévité de cette plante peut atteindre les 50 ans, avec une première floraison entre l’âge de 5 et 10 ans.
Bien qu’elle soit commune, cette gentiane tend à se raréfier à cause de la fertilisation trop importante des prairies, de la concurrence avec d’autres plantes ou encore de la destruction des affleurements rocheux. Pour la préserver, il est nécessaire d’encourager des pratiques agricoles traditionnelles extensives à l'origine notamment de ces paysages. En forêt, elle est un peu moins menacée mais peut régresser si les lisères se boisent trop ou si l'entretien des talus forestiers est trop intense.Au-delà de sa place au sein de nos écosytèmes, dans le coeur des habitants, la gentiane jaune est également le symbole d’usages et de traditions qui ont marqués l’histoire régionale (distillation de la gentiane notamment). Elle est connue pour ses propriétés toniques amères aux vertus digestives, cholérétiques et fortifiantes.
Ecouter le poème
« J’ai toujours eu un faible pour les plantes. » Paysage horizontalTige verticale dresséeJaune crépitante « À 12 ans, c’est mon professeur de maths qui m’a donné le goût de la botanique. » Fleurs en verticille Ponctuation Fragile « Et puis, mon père était chasseur. J’allais beaucoup en nature. » L’identité des estivesPastoraleRobuste « À 14 ans, on me surnomme le gamin au Carex.» L’Haut JuraCombe profonde La vallée de la Loue Ombre froide L’plateau de MontrondLigne de sapinsL’Haut-DoubsTintement de cloches « Carex, le nom m’a tout de suite plu… » Prairies pâturéesPareilles à l’OlympeSilence des pierres GENTIANA LUTEAS’accroche au temps géologique « Je trouve les ronces très belles.» Ère Jurassique Tes racines Trésor des arracheurs Creusent les temps marins De la roche mère affleurante « J’aime les compliquées à identifier : pissenlits, epervières, alchemilles. » Ses feuilles en forme de coupesSont l’abreuvoir des passereaux Et l’hôte de l’Azuré de la croisette Gare aux fauches et au mange-caillou « On peut découvrir des choses méconnues sans aller à l’autre bout du monde. »
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Narcisse des poètes
Narcissus poeticus
Le Narcisse des poètes est emblématique des prairies traditionnelles des montagnes et vallées fraîches du Massif central qui, comme on aime à le dire là-bas, forment la plus grande prairie d’Europe. Sa floraison, aussi généreuse qu’odorante, est profondément ancrée dans les mémoires. Et nombreux sont les habitants à la récolter encore pour répondre aux besoins de la parfumerie internationale sinon pour confectionner de magnifique bouquets…Aujourd’hui, le retournement et la surfertilisation des prairies mettent à l’épreuve cette fleur emblématique et les vastes pâturages immaculés de blanc que l’on admirait sur les cartes postales d’antan. En l’espace d’une petite décennie, la flore prairiale mais aussi la plupart des insectes pollinisateurs, leurs prédateurs et le reste de la faune associée à cette chaîne alimentaire, se raréfient au profit de paysages dénués de vie.Parce qu’un Massif central sans narcisses serait tout aussi impensable qu’un monde sans poètes, le Conservatoire botanique national du Massif central est déterminé à défendre ce patrimoine.
Conjuguant leurs savoirs, paysans et botanistes intègrent avec succès la biodiversité floristique au cœur même des processus de production de viande et de lait sous label AOP. Les fromages Saint-Nectaire et Laguiole, ou encore le Fin gras du Mézenc sont des exemples éclatants de l’engagement inébranlable de certains éleveurs en faveur de cette précieuse flore dont dépend la qualité de leurs produits.C’est aujourd’hui une véritable prise de conscience collective qui s’opère où habitants, consommateurs et producteurs perçoivent l’intérêt de préserver ces prairies si riches de leur diversité et de leur histoire.
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« Écrire sur fond de rouge-gorge. » Je veux raconterL’amnésie environnementaleFaire ressentirLa destruction de la nature « La flore prairiale fait l’identité de l’Auvergne. » L’intensification des fauchesLa fertilisation des prairiesLe labourage « Grâce au pâturage. Le Narcisse des poètes a colonisé les espaces ouverts des estives. » Les moutons absents Un rêveur dehorsUne loupe une flore « Parti des rivages, il a gravi les hauts sommets. » Déclare sa flamme Déflore sa clé Et effleure sa feuille« Mon œil se concentre sur l’esthétique des choses et cherche un ailleurs. » NARCISSUS POETICUS Locus Hora Proprium « J’ai un faible pour les fougères, dans les tourbières boisées. » Dans son carnetEn latinLa langue secrète « C’est mon imaginaire tropical. »Regarde Approche Observe dedans « Le Coquelicot cache des miroirs qui réfléchissent le soleil. » Plus prèsSens-laFroisse-la « Les étamines fines et folles retiennent des morceaux de ciel bleu. » L’absolue et la concrète Sur les terres volcaniques « Je les aime toutes. »
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Lys des sables
Pancratium maritimum
Reconnaissable entre mille, avec ses pétales qui s’ouvrent comme des étoiles sur la plage, le Lis des sables (Pancratium maritimum) est incontournable sur les rivages méditerranéens. Cette plante emblématique des dunes littorales incarne la beauté discrète de ces paysages mouvants, façonnés par le vent et la mer. Strictement liée aux sables littoraux, cette géophyte vivace trouve refuge sur les dunes mobiles et semi-fixées, où les conditions de vie sont difficiles : chaleurs extrêmes, embruns salés, vents violents et dunes instables. Sa floraison estivale illumine les plages de juillet à septembre, offrant un spectacle inoubliable. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, il bénéficie d’une protection réglementaire, garantissant sa préservation et sa présence sur nos plages.
Mais son milieu naturel est aujourd’hui fragilisé. L’artificialisation du littoral, les invasions biologiques, les aménagements touristiques, la surfréquentation et les extractions de sable entraînent la fragmentation et parfois la disparition des dunes. Le Lis des sables, espèce bien connue du grand public, devient alors un indicateur précieux de l’état de conservation de ces habitats et un symbole fort pour leur protection. Sa régression sur plusieurs secteurs du littoral méditerranéen français nous alerte sur la nécessité de préserver durablement son milieu. Préserver cette plante, c’est maintenir les dynamiques naturelles des dunes, limiter les intrusions humaines, freiner les invasions végétales et sauvegarder la beauté de nos paysages. Car derrière cette fleur se cache tout un écosystème, essentiel à la biodiversité et à l’équilibre écologique de notre littoral.
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« J’ai grandi dans un coin paumé des Alpes-de-Haute-Provence avec la nature tout autour. » La mer La dune mobile Et puis la pinède « Faire attention à ce qui m’entoure est un mode de vie. » L’été canicule L’odeur du monoï Puis, la montée des eaux « On s’attache aux plantes. » Le littoral Les embruns Puis sur le rivage « l’Arméria de Belgentier et la Nivéole de Nice sont un peu comme mes bébés. » Serviettes PANCRATIUM MARITIMUM Serviettes « La surfréquentation et le piétinement de ces zones abîment l’espèce. » Le bulbe Les feuilles Juin les boutons Le bulbe Les feuilles Août les fleurs Le bulbe Les feuilles Septembre les graines « Pas très loin, la Germandrée faux petit pin est presque éteinte dans les quartiers Nord de Marseille. » Mes filles Les graines Flottent sur l’eau Noires comme le charbonLégères comme le polystyrène « À la plage, elles frottent leurs nez dans les Lis de mer. » ÉléganteElle sent bonLe réchauffement climatique « Jaune de pollen, elles s’écrient : « nous sommes des abeilles, nous sommes des abeilles ! »
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pissenlit
Taraxacum sp.
Le pissenlit est une plante honnie. Il s’installe au pied des murs et dans les caniveaux. Il traîne avec lui l’image dégradée des friches et terrains vagues où il prospère. Sa rosette asymétrique de feuilles hirsutes, aux bords tranchants, force le passage dans nos gazons éthérés faits de jolis petits brins sagement dressés. Et pourtant, qui ne s’est jamais amusé à souffler sur ses fruits pour les voir s’envoler comme des bulles de savon ? Qui n’a jamais joué de la trompette avec sa tige creuse pour faire rire les copains ? Voilà tout le paradoxe du pissenlit, plante clivante par excellence.
Que vous soyez sensible ou non à sa beauté et à son intérêt (si tant est qu’il faille trouver un intérêt à une espèce pour la considérer), il y a un fait qui, chez le pissenlit, ne se discute pas : sa générosité. L’espèce compte parmi les plus mellifères de France : le nectar y coule à flot et le pollen est servi sur un plateau. Oui, un plateau. Il porte des dizaines de petites fleurs en languette, couleur jaune d’or. Les botanistes l’appellent le « capitule » mais pour les insectes, c’est le Capitole ! Ce printemps, prenez donc le temps de vous asseoir dans l’herbe et posez votre regard sur le capitule bombé, gorgé de soleil, d’un pissenlit. Vous y verrez se succéder papillons, abeilles, bourdons, mouches et fourmis. Vous y verrez défiler la Vie.
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« J’aime les Monts de Flandre et le massif dunaire de la Mer du Nord. » Songe d’une nuit L’été Dans mon jardinL’Ophrys abeille Et le pissenlitAux dents de lion « C’est comme si le jardin était propice à la métamorphose. » La belle et la bêteFolâtrent avec lesAbeilles solitairesOrgie d’herbes hautes « Il faut savoir caresser les orties. » TARAXACUMCapitule jauneN’abandonne Jamais « Maintenant, c’est moi qui l’apprends aux enfants.» ColonisateurRépanduD’un pôle à l’autre « Voir disparaître les grands ormes, des espèces communes lorsque j’étais enfant. » DifficileÀ exterminerÀ déterminer « Si on n’est pas engagé, on ne tient pas. Si on est trop passionné, on ne tient pas non plus. » 300 en France1200 en Europe 2000 dans le monde « Un pré fleuri, fauché n’importe quand, n’importe comment, ça, ça m’énerve. » Tondez-le, coupez-leIl panique Tondez-le, coupez-leIl transforme Tondez-le, coupez-leSes ovaires en fruitsTondez-le, coupez-leVous voilà envahi « Insuffler un élan de liberté par la libre-évolution de son jardin. » Laissez-leIl ne fleuritQue deux fois « Laisser le temps au temps et apprivoiser le Pissenlit.»
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pANICAUT VIVIPARE
Eryngium viviparum
Le Panicaut vivipare est une plante petite et discrète, extrêmement rare, dont la répartition mondiale se limite au nord-ouest de la péninsule Ibérique et à la Bretagne. En France, il ne subsiste qu’une seule population naturelle, située dans le Morbihan. Le Panicaut vivipare vit dans des zones humides oligotrophes temporaires, inondées en hiver et s’asséchant en été. Ne supportant pas la concurrence végétale, il s’installe exclusivement dans des zones à végétation herbacée rase et clairsemée.En Bretagne, le Panicaut vivipare a fortement régressé au cours du 20e siècle. L’abandon des usages agricoles extensifs, conjugué à l’urbanisation et à la création de plans d’eau permanents, a entraîné la raréfaction de son habitat et mis en péril sa survie.
Depuis de nombreuses années, un réseau d’acteurs – associatifs, collectivités, chercheurs - se mobilise pour contribuer à la préservation du Panicaut vivipare : gestion par pâturage bovin pour maintenir des habitats favorables, restauration de sites et d’habitats, prise en compte des zones humides oligotrophes dans les documents de planification, projet de création d’une réserve naturelle pour assurer la préservation de cette espèce et plus globalement des zones humides oligotrophes… Le Plan national d’actions (2022-2031) permet de fédérer ces acteurs et de maintenir une dynamique collective.Espèce « porte-drapeau » des milieux humides oligotrophes, le Panicaut vivipare interroge plus largement notre rapport à la nature et illustre les liens étroits entre pratiques agricoles et préservation de la biodiversité.
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« Tu regardes tout.» Histoire d’homme Et de végétal Liés par la plante « Une balade avec toi, ça dure 10 ans... » Belz Minuscule Constellation « À quatre pattes dans une prairie, le nez dessus. » Quarante ans de lutte La maintenir en viePlus rare que le panda « Forcément, un attachement se crée. » Paysage Non rentableQui se raréfie « Pendant des années la regarder, attentivement. » L’hiver l’eau Au ras des bottesLe printemps ZAC Et habitations fleurissent « La plante fédère et génère des liens autour d’elle. » Azuré de la sanguisorbe Lépidure apode Jonc nain « Le fait de voir autant de personnes au petit soin pour elle, m’émeut beaucoup. » Quelqu’un quiConnaît quelqu'un Qui a une vache « Le gardien de la réserve des Quatre chemins est l’ange gardien du Panicaut. » Plutôt deux Pies NoiresPour piétiner fort bien « Sans le réseau de protecteurs, elle ne serait plus là. » ERYNGIUM VIVIPARUM « La plante déclinait, c’est le pâturage qui l’a sauvée. »
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simÉthide de mattiazi
Siméthis mattiazzii
Qui a déjà flâné dans les landes aura peut-être croisé Simethis mattiazzii qui s’y épanouit au printemps en quelques fleurs blanches. Tels des plumeaux, ses étamines à filet blanc et cotonneux limitent tout risque de confusion.Dans ces paysages, le rose des bruyères se mêle au jaune des ajoncs. Sols pauvres en nutriments, acides… les conditions de développement sont rudes pour la végétation. Bien que peu d’espèces s’épanouissent dans les landes, ces milieux recèlent une très riche biodiversité. Fruits d’une coévolution de plusieurs milliers d’années, leurs cortèges faunistique et floristique sont hautement adaptés. Ils sont ainsi particulièrement sensibles à toute modification de leurs conditions de vie, et souvent rares dans l’Hexagone.
Ces milieux agropastoraux, liés à des pratiques d’élevage extensives, étaient historiquement majoritaires dans les Landes de Gascogne où se trouve le siège du CBN Sud-Atlantique. Au XIXè s., les pinèdes, plus rentables, les ont largement supplantés. Parole de botaniste, les plus beaux ensembles de landes sont aujourd’hui… dans les zones militaires, exemptes de sylviculture et où certains troupeaux ont encore la chance de pâturer !Bien qu’en régression, les landes restent emblématiques de l’ouest de la France, et sont suivies de près par nos botanistes des antennes basque et poitevine. Le littoral basque abrite ainsi les seules landes sur falaises littorales de la région. Délaissées par l’élevage, les landes sont également devenues rares dans le Poitou et les pelouses associées le sont même davantage. C’est pourtant l’habitat de prédilection du Siméthide, du Pays basque jusqu’au Poitou.
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« Pour ceux qui gardent encore au cœur le regret des choses disparues, le jardin joli de ces fleurs agrestes, dont les douces senteurs emplissaient notre terre landaise autrefois, et qui allaient toutes achever de mourir demain, délaissées de la génération nouvelle pour ne plus reverdir, jamais. Félix Arnaudin » Bruyère rosePiémont pyrénéenMolinie Ajonc jauneLandes de GascogneFougère aigle Siméthide blancBrandes du Poitou Cachette à loups « Quand j’étais petit, je voulais être garde-champêtre. » Ce sont là Des eaux stagnantes De l’Holocène Un essaim de lagunes « La nature ? ça a toujours été une passion » Herbiers enracinés Prairies flottantes Bergers échassiers « Les espèces composent les milieux. Elles sont un sujet d’étude et d’émerveillement. » C’est dans ce désertImpénétrableQue de nombreuses vies Trouvent refugeSIMETHIS DE MATTIAZZIIY affectionne Les pelouses acides « Difficile de marcher dans les brandes. » Paysannerie ancestraleDisparue Fantômes de moutonsPaissent la Lande Ensevelie Sous les pins maritimes « On se fraye un chemin dans les pas des animaux sauvages. » Caviar des moutonsÉtamines Cotonneuses « Le Siméthide à fourrure blanche est un roi dans ces milieux difficiles à explorer. »
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anémone pulsatille
Pulsatilla vulgaris
L’Anémone pulsatille est une plante à floraison printanière, observable dès le mois de mars. On la trouve le plus souvent dans des habitats chauds, dits thermophiles, secs et bien exposés au soleil. Cette espèce se reconnaît très facilement grâce à ses fleurs comportant six grands tépales de couleur violet clair à foncé, entourant un cœur formé de nombreuses étamines et carpelles jaunes. Elle reste également très identifiable après la floraison, grâce à ses feuilles étroites, velues, et surtout à ses fruits, formant une tête hirsute composée d’akènes surmontés d’une longue arête plumeuse qui s’allonge avant la maturité. Cette particularité facilite leur dissémination par le vent.
Le Bassin parisien et ses abords immédiats concentrent l’essentiel des populations françaises. Dans les milieux les plus favorables, elle y forme de superbe tapis violet qui colorent les pelouses au début du printemps. Espèce patrimoniale en déclin dans plusieurs régions (protégée en Île-de-France, Centre-Val de Loire et le Pays de la Loire notamment), elle souffre de la fermeture de ses milieux ou de changements de pratiques agricoles. L’abandon du pâturage extensif, qui permettait le maintien d’habitats ouverts, ainsi que l’introduction du pin noir à des fins de production, entraînent une contraction de son aire de répartition. Elle est désormais inscrite sur plusieurs listes rouges. Son attrait peut également la rendre victime de cueillettes intempestives.
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« L’attachement s’est fait progressivement. Ce sont des rencontres que l’on fait. » Elle épouse le Bassin parisienLa moitié haute De l’hexagone sédimentaire « Trente ! Quarante ! Cinquante jours à ne parler que flore ! » Là où les friches Les rebords de plateau Et les vergers disparaissent « Il n’y a pas que les forêts qui comptent. » Là où les genévriers Engloutissent la lumière Et ferment l’ouvert « Il nous faut autre chose. » Ses plumeaux vulnérables Battus par le vent s’agitent Et se pavanent « Sinon, nous risquons de perdre un précieux patrimoine. »Mi-fleur mi-animale Au pelage gris Parée de flocons« C’est une des premières plantes qui fleurit.» La pelouse espère le mouton Le mouton espère le berger La phalène espère l’anémone « Elle symbolise la renaissance du printemps. » Car qui d’autre Que toi Phalène S’inquiète « Les pétales violets sont argentés sur la face extérieure. » De voir PULSATILLA VULGARIS Disparaître « Les étamines nombreuses donnent envie de s’y frotter. » De voir Les pelouses calcicoles Disparaître « Je les aime toutes. » L’abeille minière peut-être
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benjoin
Terminalia bentzoe
Le benjoin est un grand arbre endémique des Mascareignes, devenu très rare en milieu naturel, à l’exception de quelques individus isolés existant encore à très basse altitude, principalement dans les Cirques de Mafate et de Cilaos. Il est largement cultivé dans les espaces urbains, agricoles ou sylvicoles et très utilisé par les Réunionnais, car le benjoin fait également partie des plantes médicinales incontournables de la pharmacopée traditionnelle à La Réunion, pour la préparation des “Zerbaz” ; son écorce est notamment utilisée dans les tisanes dites de « refroidissement », lorsqu’une personne attrape froid. Rares sont les benjoins qui ne présentent pas des cicatrices sur leur tronc, résultats des prélèvements d’écorce au sabre. Certains arbres finissent par succomber à ces blessures à répétition.
Bois de construction de premier ordre, il a servi tant à la menuiserie et à l’ébénisterie qu’au charronnage. Le benjoin est le baume extrait de diverses plantes du genre Styrax. Terminalia bentzoe produit également une résine odorante, anciennement confondue avec le vrai baume benjoin. Pour Bernardin de Saint-Pierre, il est appelé benjoin « parce qu’il joint bien, son bois étant le plus liant du pays ».
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« Mascareignes mi aim a zot. » PartoutAilleurs Le déclin « Trente ! Quarante ! Cinquante jours à ne parler que flore ! » Île océanique Humide à l’est Sèche à l’ouest « Le bienfait ressenti. Ça vient de là. » Paradis Biologique Tout juste né «J’ai travaillé sur la spéciation, c’est-à-dire la formation des nouvelles espèces. »Asymétrique Fort gradient altitudinal Micro-habitats Micro-climats « Peu d’endroits au monde permettent de travailler là-dessus. » Bois de Judas Bois de nèfles à petites feuilles Heterochaenia ensifolia « Polyamour des écosystèmes. » TERMINALIA BENTZOE Reste Deux cents individus « Documenter la plante fait naître un attachement. » L’indigène des ravines Remplacé par L’exotique des parkings « Je suis, avant tout, attaché à la science. » Roussettes noires Tortues géantes Bois de paille en queue « On connaît la valeur patrimoniale que tel ou tel individu représente. » Conscientiser l’irréversible Le Gâchis Du temps passé « Maintenant, tout me retient ici. »
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bleuet des champs
Cyanus segetum
Le Bleuet des champs, fait partie de ces fleurs familières qui habitent les milieux agricoles. Présent aux côtés des cultures céréalières depuis des millénaires, Cyanus segetum serait arrivé en France avec les premiers agriculteurs, au cours de la période du Néolithique.Fidèle compagnon des moissons, le Bleuet fleurit de mai à juillet, lorsque les céréales arrivent à maturité. On l’observe principalement au cœur des champs, mais aussi le long des routes ou en bordure de parcelles.
L’évolution des pratiques agricoles, labours profonds, usage de produits phytosanitaires chimiques de synthèse, monoculture, a provoqué son déclin dans de nombreuses régions. S’il ne bénéficie pas d’une protection réglementaire particulière, le Bleuet fait l'objet d'actions spécifiques en faveur des plantes messicoles. Ses qualités mellifères, attirent les insectes pollinisateurs. Ses graines constituent également une source de nourriture pour certains oiseaux des milieux agricoles, comme le chardonneret. À la fois allié des cultures et symbole de l'imaginaire champêtre, il nous rappelle que la biodiversité ne se limite pas aux espaces naturels protégés, elle se niche aussi dans les lieux cultivés.
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« Je n’imagine pas une vie sans plante. » Travail du solMoissons d’hiver Remuer la Terre « Faire claquer les silènes avec mon grand-père. »Plus de place Pour les fleurs Bleues du champ « Il y a 25 ans en Tasmanie, je me suis intéressée aux plantes rares et menacées.» Dauphinelles Pieds d’alouette Nielle des blés « Le bleuet des champs semble commun, mais le connaît-on vraiment ? »Rare / CENTAUREA CYANUS / Commun « Défendre la place des p’tites fleurs disent-ils avec mépris. » Agro-industrie Chimie Désherbants « Autrefois, on fabriquait du miel de bleuet des champs. » Il aime Être serré Épis de bléÉpis de bléÉpis de bléÉpis de bléÉpis de blé Épis de bléCENTAUREA CYANUSépis de bléÉpis de bléÉpis de bléÉpis de bléÉpis de bléÉpis de blé « C’est difficile de revenir en arrière, voire même impossible. » Cide Cide CENTAUREA CYANUS Cide - Poécide Cide « Les terres traitées ne peuvent plus accueillir de graines. » Polyculture versus monoculture Extensif versus intensif Qualitatif versus quantitaf « L’Orchis Lactée est isolée, cernée de béton comme dans un zoo. » Semer à l’automne Du repos Germer au printemps « La prairie de la Jacinthe de Rome est protégée et l’Aster des Pyrénées est plus présente que ce que nous pensions.»
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fougère aigle
Pteridium aquilinum
La fougère aigle est une plante très commune en Corse et emblématique notamment de la vie pastorale de l’île. Elle est présente dans les pelouses, fruticées et forêts claires sur sol acide et profond de l’étage thermoméditerranéen à subalpin. Son nom vernaculaire viendrait de la forme des canaux de sèves observée lors d’une coupe de la tige. Connue pour de très nombreuses utilisations, elle a accompagné la vie des éleveurs en Corse et plus largement de la population insulaire. Elle était utilisée pour fabriquer des lits de fortune en montagne, des cabanes, filtrer le lait, conserver les aliments au frais mais également confectionner des litières pour les animaux par exemple.
Un proverbe corse dit “ùn ti scurdà di a filetta”. Si littéralement cela veut dire “n’oublie pas la fougère” c’est en fait une très vieille expression pour rappeler aux plus jeunes, et notamment ceux qui doivent quitter l’île, de ne jamais oublier d’où ils viennent, leur terre natale qui est la Corse. Actuellement, elle a conquis et elle couvre de vastes surfaces qui étaient autrefois dévolues au pâturage ou aux cultures de céréales et son omniprésence dans les paysages insulaires est devenue le témoin de l’abandon des terres et de la régression de l’élevage traditionnel dans toute l’île.
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« Ùn ti scurdà più di a filetta. » ArburiArbe Arbigliule « N’oublie pas la fougère, souviens-toi d’où tu viens. » Ma mère, la Corse Mon père, le maquis Moi, l’enfant fougère « La plante est un symbole fort d’attachement au territoire. » Commune à tous les étages PTERIDIUM AQUILINUM Cache l’aigle dans sa tige « L’amour des plantes, c’est elle ! »Ni spectaculaire Ni remarquable Elle recouvre l’île « Je la suivais partout. » Sous couvert En sous-bois En forêt claire « Il ne faut pas rester enfermée. » Plastique De très bas À très haut « Tu n’as pas de fièvre : sors, dehors ! » Visible partout Elle cache Les secrets de la montagne « Tout va mieux, lorsque je sors. » Ses acolytes Qui elles sont rares Au bord des chemins « Le maquis soigne mes maux. » A nepita U pavonu A nocca « En CE2, j’ai découvert le mot « endémique » pour l’hellébore de Corse. Je l’ai gardée comme favorite.»
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le réseau des CBN
14 Conservatoires botaniques nationnaux, des experts au service de la biodiversité végétale et fongique...
Présents partout en France métropolitaine et en outre-mer, les Conservatoires botaniques nationaux contribuent à l’inventaire, la préservation et la valorisation de la flore, de la fonge et de leurs habitats naturels. Chaque année, les CBN proposent une programmation dédiée à la diversité végétale et fongique. Temps fort de sensibilisation, La Belle Saison des CBN valorise leur action et encourage chacun à agir en faveur du vivant.
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La belle saison
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Le site internet
le projet
Ex(s)istere est une œuvre artistique imaginée par l’artiste Amandine Polet avec les Conservatoires botaniques nationaux dans le cadre de leur temps fort annuel “La Belle saison des CBN”.
Chaque CBN a choisi une plante qui lui est chère, pour laquelle l’artiste a réalisé des dessins et textes poétiques qui racontent ces plantes autrement. Communes ou rares, elles racontent toutes une histoire et portent un message.
Dans l’exposition et dans la rue, des silhouettes végétales apparaissent au sol. Dessinées à la craie, elles disparaissent peu à peu avec la pluie et les pas des passants. Ce dispositif artistique nous rappelle que beaucoup d’espèces végétales sont menacées ou échappent parfois à notre attention. Ex(s)istere* invite petits et grands à regarder les plantes autrement, à prendre le temps et à réfléchir à notre lien avec le vivant.
* Ex(s)istere
Le titre Ex(s)istere, issu du latin archaïque ex + sistere — « sortir de », « se manifester », « se montrer » — donne la clé de lecture du projet : faire exister ce qui tend à disparaître, rendre visible l’invisible, lutter contre l’effacement silencieux du vivant.
Autour des poèmes
« Afin de préserver nos lieux et de nous y sentir chez nous, il est nécessaire de les remplir d’imagination. »
Wendell Berry
La structure du poème oscille entre des strophes et des phrases entre guillemets. Ces bribes de paroles glanées lors des interviews sont rapportées au discours direct. Elles structurent le poème et témoignent des échanges entre l’artiste et les scientifiques. Soigneusement sélectionnés, les mots dans le poème agissent sur le papier, puis, dans l’esprit du lecteur comme les pochoirs dans l’espace public. Ils se déposent et interpellent. Cet entrelac a pour fonction de faire exister le poème et dans la foulée la plante. La parole de celui qui dit la plante devient le pivot du poème. C’est aussi un frottement entre le réel de la plante et la fiction du poème. Les entre guillemets soufflent l’intime, l’amour. Ils disent aussi le désarroi et notre incapacité à conserver l’état du monde dans lequel nous vivons.
Les poèmes n’ont pas pour vocation d’illustrer la plante. Ils sont des traces d’existences : celles de la plante, du scientifique, d’un milieu ou encore d’un songe de l’artiste. Ainsi, le lecteur en lisant ne se dira pas forcément : « Tiens, ici, il s’agit de la Pulsatille ou du lis de mer ». Chaque poème est une ode à la plante par celui qui en parle. Les plantes se manifestent par l’attention qu’on leur porte et par la force symbolique de la langue. Au détour d’une strophe, le Narcisse des poètes invite la Fougère à sortir de la tourbière et à siéger dans le poème. Le Lis de mer évoque sa voisine marseillaise la Germandrée du pin. Les lieux que nous rêvons à travers la littérature nous définissent également. Le fait de ne les avoir jamais fréquentés n’affecte en rien l’intensité du lien. Les poèmes, les uns après les autres, soulignent l’importance d’être attentif au vivant. Le pissenlit indomptable qui pousse partout devient tout aussi important que le Panicaut Vivipare qui lui dispose d’un plan national de sauvegarde tant il est menacé. Chacune à son rôle à jouer dans l’écosystème.
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